Pour changer, pensons systémique

Reculer l’âge légal du départ à la retraite afin de financer les pensions ou éliminer les panneaux signalant les radars fixes pour diminuer le nombre de morts sur la route ... Autant d’idées qui peuvent donner momentanément l'illusion d'un progrès mais qui risquent, au final, de s’avérer inefficaces, voire pénalisantes. Ce sont en effet des mesures ponctuelles pour agir sur un système complexe que le législateur a du mal à appréhender dans sa globalité ....

Et c'est bien toute la difficulté de la situation actuelle : qu'il s'agisse de notre contexte social, environnemental ou économique, il est désormais indispensable pour progresser d’agir à différents niveaux et sur plusieurs aspects d’une même problématique … c’est justement le propos d’une approche dite « systémique ».

La prise en compte de cette dimension au sein des entreprises est essentielle. Construites sur un modèle de responsabilisation individuelle, la propension est grande à remettre en question un individu plutôt qu’une organisation. C’était le cas par exemple de cette responsable de service, devenue coupable aux yeux de sa direction de n’avoir pas su instaurer un état d'esprit collaboratif dans son équipe. Quelque peu dépitée, elle a fini par demander un coaching individuel pour remédier à cette situation. Si cette responsable a pu améliorer son approche managériale, cela restait insuffisant pour changer l'état d'esprit de son équipe. Parallèlement, il était indispensable d'intervenir auprès de sa direction en termes d'exemplarité, puis auprès de ses clients internes et enfin auprès de son équipe elle-même, qui avait besoin d'une bonne séance de « déballage » émotionnel. En agissant simultanément sur tous ces leviers, cette équipe a fini par adopter un fonctionnement beaucoup plus collaboratif … Mais la tentation est grande de stigmatiser un maillon supposé faible.

La notion de systémique existe pour chaque individu ... Les méthodes de développement personnel les plus récentes abordent la personne dans toutes ses dimensions : mentale, émotionnelle, corporelle et spirituelle. Partant d'un diagnostic sur ces 4 axes, le coach va mobiliser son client et l'amener à poser des actions pour évoluer simultanément et de façon harmonieuse dans sa réflexion, la prise en compte de ses émotions, le respect de son corps et le sens de sa vie. Un travail sur l’estime de soi d’un manager passera par exemple par l’expression et la concrétisation d’un projet mobilisateur, l’accueil de ses peurs, la restauration de son image corporelle et l’étude de la pensée d’un Eckhart Tolle (le pouvoir du moment présent). L’expérience montre que ce type d'accompagnement a plus de chance d'aboutir à un véritable épanouissement de la personne qu'une série de séances à portée principalement intellectuelle.

Ne bridons pas notre cerveau …
Notre cerveau aborde naturellement l’environnement d’une façon systémique, il suffit donc de ne pas le brider dans une démarche étriquée et de le laisser s’exprimer pour dresser une cartographie d’ensemble d’une situation. Reste ensuite à identifier les nœuds du système sur lesquels agir pour provoquer l’évolution attendue.